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Rencontres RAMAU 2019 - Programme

Séminaire exploratoire du programme scientifique 2018-2020

De l’incertitude des savoirs aux nouvelles fabriques de l’expertise
29 novembre

Après les travaux dédiés à la question des tensions et perturbations à l’œuvre dans le domaine des formations en aménagement, urbanisme, architecture et paysage, ce nouveau programme scientifique souhaite questionner les relations entre recherche et pratiques professionnelles à partir d’un éclairage sur les fondements et la portée des interactions entre ces deux sphères. Doctorats CIFRE, recherche-action et R&D (recherche et développement), sont autant de modalités de construction de la connaissance croisant l’analyse scientifique avec des applications ou des réalisations. Au-delà de ce croisement, ce sont les formes-mêmes de production des connaissances qui sont susceptibles d’être modifiées et qui concernent plus globalement la question des savoirs dans la société et de leurs utilités. On peut ainsi considérer qu’une recherche impliquée est possiblement de nature à reconfigurer les rapports de défiance ou d’utilité servile dont on connaît bien les contours. Les savoirs de l’aménagement occupent une place particulière à cet égard, dont témoigne une histoire controversée de leur nature : savoirs pour l’action, savoirs de l’action, savoirs par l’action… Dans tous les cas, l’intranquillité est constitutive d’un questionnement sur ce que l’on attend des chercheurs dans nos domaines. Nous avons retenu trois entrées pour structurer les travaux de cette journée.

Lundi 24 janvier 2019

Bâtiment Max Weber - SHS - locaux de l’UMR LAVUE, Université Paris Nanterre, 200 avenue de la République, 92001 Nanterre

09h30 - Accueil et introduction

Présentation du programme scientifique 2018-2020 Véronique Biau, LET (UMR LAVUE), Laurent Devisme, CRENAU (UMR AAU), Michael Fenker et Elise Macaire, LET (UMR LAVUE).
Pour consulter le texte du projet scientifique : http://www.ramau.archi.fr/spip.php?article985

10h00 - Atelier 1 : Des mots d’ordre pour la recherche

Animation : Théa Manola et Stéphanie Dadour
Les chercheurs sont aujourd’hui confrontés à un « bain sémantique » dans lequel circulent mots-valises et mots d’ordre. Ces mots sont présents à la fois dans les appels d’offres de recherche « classiques », dans les grands axes de recherche des organismes financeurs, dans les demandes d’expertise. Dans les domaines de l’urbanisme, de l’architecture et du paysage, et depuis le début des années 2000, on trouve ainsi en bonne place le développement durable et ses déclinaisons jusqu’à la question de(s) la transition(s), la ville créative, la ville numérique mais aussi la ville apaisée ou encore les mobilités douces… Si l’œil critique face à ces vocables est indispensable, il s’aiguise aussi dans un travail de « traduction » et de reformulation par les chercheurs : des « questions de société » aux questions de recherche, il y a souvent plus d’un pas. Comment met-on au travail de tels mots-clés attracteurs de financements ? C’est ce à quoi l’atelier va s’intéresser : les reformulations des mots d’ordre, les déplacements et pas de côté qu’ils amènent ou imposent, la manière dont ils orientent la recherche.
- Nadine Roudil, Professeure SHSA – ENSA de Lyon, chercheure CRH/UMR LAVUE. En se basant sur son HDR, elle abordera les processus actuels de financement de la recherche (et notamment l’ANR « Ville durable ») qui contraignent les chercheurs en SHS à entrer dans une recherche opérationnelle dont les critères sont ceux des SPI. Son intervention dessinera une nouvelle idéologie de la commande publique en matière de recherche sur la « ville durable » qui passe aussi par l’imposition de catégories politiques (transition, précarité énergétique...) aux chercheurs.
- Daniel Siret, Chercheur ENSA de Nantes – CRENAU/UMR AAU. Bricoler de la recherche avec Leroy Merlin : et nos envies prennent vie ? Après plusieurs expériences de recherche dans le cadre du réseau Leroy Merlin Source, il nous parlera des manières d’appareiller des cultures de recherche hétérogènes et de fabriquer des connaissances partagées. Il expliquera comment et pourquoi il a décidé d’intégrer ce réseau en 2012 puis de le quitter en 2018.
- Isabelle Bertrand, BRAUP. Elle nous parlera des appels en cours du Ministère de la Culture et de la Communication et plus spécifiquement du programme « Architecture du XXe siècle, matière à projet pour la ville durable du XXIe siècle » (2016-2020) dont elle est la responsable au BRAUP. Son intervention visera à saisir les enjeux/nécessité de la « ville durable » comme justification d’un programme de recherche sur l’architecture du XXème siècle.
- Rainer Kazig, Chargé de recherches CNRS CRESSON/UMR AAU. Intuitions, expertises et autres pratiques pour établir un nouveau sous-champ de recherche. Il nous parlera de sa collaboration avec VHW (NGO de financement de la recherche Allemande) et les dynamiques internes d’une instance de financement de la recherche qui est aussi influencée par des mots d’ordre (anciens) bien établis. Dans ce cadre il nous présentera des pratiques d’introduction des nouveaux mots d’ordre, des inerties et résistances plus ou moins subtiles et efficaces au sein de l’instance de financement par rapport à ce développement.

11h20 - Pause

11h40 - Atelier 2 : Diversification des postures de chercheurs

Animation : Silvère Tribout et Elise Geisler
Une transition est à l’œuvre dans le mode d’exercice de la recherche et la nature des attentes sociales envers elle. D’une part, l’irruption de l’idéologie managériale dans le champ académique fait reposer l’activité de recherche sur des partenariats de plus en plus étroits avec des acteurs privés (entreprises, fondations). De manière concomitante un modèle de l’excellence académique se diffuse, où celle-ci se mesure au moins autant par la capacité du chercheur à rapporter des budgets conséquents qu’à celle de produire de nouvelles connaissances. D’autre part, les collectivités territoriales prennent place dans la commande de recherche et mettent le chercheur en situation d’analyser, voire de critiquer les politiques territoriales menées par les acteurs-mêmes qui financent son travail, au risque de formes de conflit d’intérêt. Enfin se dessine un modèle de recherche partenariale, symptôme d’un engagement d’une autre nature, troisième voie peut-être entre les canons académiques et la recherche-expertise coproduite avec les commanditaires ; troisième voie qui s’inscrit parfois hors des cadres financiers classiques et dans laquelle de nouvelles formes de collaborations entre chercheurs et acteurs peu associés, historiquement, aux démarches de recherche, se construisent.
- Benjamin Chambelland (Doctorant CIFRE au sein du GIP « Grand Projet des Villes Rive Droite » - Laboratoire Passages - Université Bordeaux Montaigne) : Paysagiste doctorant ou doctorant paysagiste au sein d’une collectivité territoriale : retour d’expérience du parcours, montage et déroulé d’une thèse CIFRE
- Pauline Ouvrard (Maîtresse de Conférences associée - ENSA de Nantes - Laboratoire AAU/Équipe Créneau) : Du chercheur-établi au chercheur-circulant parmi les experts de la fabrique urbaine, ou l’enjeu de varier la focale pour enquêter sur la production de l’espace
- Marie-Hélène Bacqué (Professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense - UMR LAVUE - Équipe Mosaïques) et Jeanne Demoulin (Post-doctorante à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense - UMR LAVUE - Équipe Mosaïques) : Tous chercheurs ? Recherche participative et recomposition des rôles dans le projet Pop-Part (les quartiers populaires au prisme de la jeunesse)
- David Montembault (Maître de conférences à Agrocampus Ouest / École de paysage d’Angers - UMR ESO) : Passer par la bande dessinée pour rendre compte des implications multiples du chercheur dans une démarche participative de projet de paysage.

13h00 - Déjeuner

14h00 - Atelier 3 : Au prisme de l’expertise territoriale

Animation : Laura Rosenbaum et Elsa Vivant
La question de l’expertise représente aujourd’hui un enjeu fort dans les intentions, la planification et la concrétisation du développement des territoires couvrant des aspects aussi divers que la définition des politiques publiques, la mise en œuvre de l’action collective, la mobilisation des groupes sociaux (professionnels, citoyens, élus, etc.). La recherche scientifique n’est pas en dehors des expérimentations et démarches qui visent à renouveler les compétences et les savoirs des acteurs comme le montrent par exemple certaines thèses en CIFRE, des recherches-développements, des programmes PICRI et POPSU. Ces initiatives interrogent sur ce qui constitue différentes arènes de la fabrication et de la diffusion de l’expertise. La notion de « plateforme » est souvent invoquée signalant des espaces où se rencontrent demande d’expertise et revendication de compétences « nouvelles » et où se manifestent différents modes d’affirmation et de légitimation de savoirs. Ainsi, certains grands groupes privés se saisissent par exemple des quartiers démonstrateurs. D’autres acteurs ont une démarche plus « artisanale » développant une offre « sur mesure » pour des collectivités souhaitant une mise à niveau de leur propre expertise. Ces démarches ne sont pas sans prise de risque pour les collectivités et les commanditaires d’une « recherche » qui génère des résultats incertains. Quel type de perturbations entrainent-elles chez les commanditaires, les professionnels et les chercheurs ? Comment les acteurs gèrent-ils cette incertitude des savoirs ? Ces processus de renouvellement de l’expertise territoriale ont-ils un effet sur les modalités de définition et de mise en œuvre des politiques publiques ?
- Aurélie Couture, Chef de projet du Forum urbain, Centre d’Innovation Sociétale - IdEx Bordeaux, Sciences Po Bordeaux. Comment les chercheurs sont-ils mobilisés dans la démarche prospective ? Quel est leur rôle ? Quels types de savoirs et de connaissances produisent-ils ? Comment collaborent-ils avec les partenaires (citoyens, société civile, acteurs socio-économiques des territoires…) ?
- Jean-Luc Delpeuch, président de HESAM Université et Président de la communauté de communes du Clunisois. La démarche de 1000 doctorants pour les territoires. Comment la « commande » de recherche s’élabore-t-elle entre les collectivités et les laboratoires ? Que signifie « être au service des territoires » ? Quels types de savoirs sont-ils attendus dans la cadre de la recherche doctorale ? Vise-t-on la formation d’une nouvelle forme d’expertise territoriale ?
- Marie-Christine Jaillet, Responsable scientifique du programme Popsu Métropoles, Directrice de recherche au CNRS, LISST-Cieu, Présidente du Conseil de développement de Toulouse métropole. Quels types d’échanges sont-ils développés entre collectivités et chercheurs ? Comment les questions de recherche sont-elles élaborées et sont-elles transposées en « commande » de recherche ? Comment les connaissances produites sont-elles « retraduites » dans le registre de l’action ?
- Bruno Bessis, adjoint à la cheffe du bureau de l’Aménagement opérationnel durable, au sein du ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, animateur du Club national EcoQuartier. Quel est le rôle du comité scientifique EcoQuartier ? Quel type de production et forme d’expertise sont-elles attendues des chercheurs ? On note l’élaboration d’« Indicateurs », de « référentiels », la réalisation d’« évaluations », d’« études ». Que recouvrent ces termes ?
- Un représentant du réseau ERPS Espace rural et projet spatial (sous-réserve), Résidence participative à destination d’équipes pluridisciplinaires, associant concepteurs et chercheurs, en Ardèche. Qu’est-ce qu’une « résidence » impliquant des chercheurs ? Quel rôle vont-ils y jouer ? Quelle contribution des chercheurs au projet de territoire ?

15h40 Pause

16h00 - AG du réseau

Actualités du Ramau : Cahier anniversaire : Cahiers Ramau 10, présentation de Ramau junior, mise en place de l’interface des membres (site et réseaux sociaux)…

Bulletin d’inscription à télécharger

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Bulletin d’inscription Rencontres Ramau 2019

Organisation de Ramau 2018-2020

- Direction scientifique
Véronique Biau, Architecte-Urbaniste de l’État, HDR membre du LET (UMR LAVUE), École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette.
Laurent Devisme, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, membre du CRENAU (UMR AAU).
Michael Fenker, chercheur, École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, membre du LET (UMR LAVUE).
Élise Macaire, maîtresse de conférences associée à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, membre du LET (UMR LAVUE).

- Conseil scientifique
Gilles Debizet, maître de conférences à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine - Université Grenoble Alpes, membre de l’UMR PACTE.
Isabelle Estienne, maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, membre du LACTH.
Charles Gadea, professeur à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, membre de l’UMR IDHES.
Patrice Godier, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux, membre du PAVE (UMR Centre Émile Durkheim).
Isabelle Grudet, chercheure, directrice du LET-LAVUE, École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette.
Corinne Larrue, professeure à l’École d’Urbanisme de Paris, co-directrice de l’EUP.
Laurent Matthey, professeur-assistant, Université de Genève.
Nadine Roudil, professeure à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon, membre du CRH (UMR LAVUE).
Corinne Sadokh, maîtresse de Conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Toulouse, membre du LRA.
Patricia Scheffers, professeure HE à l’Université de Liège.
Laura Rosenbaum, post-doctorante, membre du PAVE (UMR Centre Émile Durkheim - l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux).

- Comité scientifique du programme « De l’incertitude des savoirs aux nouvelles fabriques de l’expertise »
Claire Carriou, maîtresse de conférences à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, membre de Mosaïques (UMR LAVUE).
Stéphanie Dadour, maitresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, membre du Laboratoire MHA.
Kent Fitzsimons, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux, directeur du PAVE (UMR Centre Émile Durkheim)
Élise Geisler, maitresse de conférences à l’Agrocampus Ouest Angers, membre de l’UMR ESO.
Jordana Harriss, chargée de mission HESAM Université, « 1000 doctorants pour les territoires ».
Théa Manola, maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, membre du CRESSON (UMR AAU).
Silvère Tribout, maître de conférences à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine - Université Grenoble Alpes, membre de l’UMR PACTE.
Elsa Vivant, maîtresse de conférences à École d’Urbanisme de Paris, Université Paris Est Marne la Vallée, membre de l’UMR LATTS.
Bendicht Weber, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, membre du LET (UMR LAVUE).

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