Accueil du site > 01. Le réseau > 04. Politique scientifique du RAMAU 2015-1017

04. Politique scientifique du RAMAU 2015-1017

Comment les formations contribuent-elles à réinterroger les métiers de l’architecture et de l’urbanisme ?

1er mars 2015

La dernière assemblée générale du réseau ainsi que le conseil scientifique qui s’est tenu en avril 2014 ont confirmé les orientations thématiques du RAMAU pour les années à venir autour de deux grandes questions liées à la transmission et la fabrication des savoirs. La première porte sur la façon dont les formations actuelles participent de l’évolution des activités et métiers de l’architecture et de l’urbanisme (2015-2017). Et la seconde s’intéresse aux modes d’hybridation entre recherche et pratique opérationnelle, qui contribuent aujourd’hui à la fabrique de nouvelles expertises (2018).

Si nous disposons aujourd’hui de travaux scientifiques importants sur les formations des architectes ou des urbanistes, ils ont essentiellement un caractère historique [1]. Depuis plusieurs années, les membres du réseau se questionnent sur les formations et la façon dont celles-ci se sont adaptées aux évolutions récentes qui ont affecté les projets architecturaux, urbains et paysagers. Des interventions aux Rencontres Ramau ont engagé des débats, notamment sur comment le développement durable est pris en compte dans le cadre d’enseignements [2]. Plusieurs questions guident actuellement la réflexion.

Le Contrat d’Etudes Prospectives sur les métiers de la maîtrise d’œuvre réalisé à la fin des années 90 faisait déjà apparaître des savoirs émergents et des besoins en formation [3]. Aussi, quelle est aujourd’hui la demande de formation ? A quels besoins les établissements d’enseignement font-ils face ? Comment se représentent-ils les attentes et comment s’organisent-ils pour y répondre ? Par ailleurs, comment les milieux professionnels formulent-ils des formes d’appel à formation ?

Il semblerait que des formes innovantes s’expérimentent dans les écoles d’architecture ou les instituts d’urbanisme. Les formations présentent-elles des spécificités ? Si oui, lesquelles ? Les enjeux stratégiques de passerelle entre les formations sont de plus en plus prégnants, notamment à travers les collaborations entre établissements et par l’organisation de doubles cursus [4]. Quels types de professionnels sont formés dans cette forme d’interdisciplinarité ? Quelles sont leurs compétences spécifiques ? A quels métiers se destinent-ils ?

Un autre point, qui interroge aussi le conseil scientifique du RAMAU, porte sur les formations continues et leurs évolutions récentes. Quelles sont les formations émergentes ? Que révèlent-elles des mutations actuelles des activités et métiers de l’architecture et de l’urbanisme [5] ?

A travers l’ensemble de ces questions, le RAMAU tentera d’éclairer les connaissances que nous avons aujourd’hui du rôle que jouent les formations initiales et continues dans les transformations qui impactent les champs de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage.

Hypothèse de travail

Des formations à l’épreuve de mutations : métiers et transmission des savoirs

Aujourd’hui impactés par le développement durable, les NTIC et le numérique, ou encore par la montée des métiers du conseil et de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, les processus d’adaptation des formations en architecture, urbanisme et paysage répondent à différentes nécessités. Ces nécessités semblent guidées par l’arrivée d’appels à compétences [6] et l’incitation à des coopérations entre organismes de formation [7]. Plusieurs logiques à l’œuvre méritent d’être observées : professionnalisations accrues de certains secteurs, émergence de spécialisations, création de doubles-cursus, etc. Ces logiques renvoient à des questionnements classiques de la sociologie des professions. Avons-nous à faire à des processus de segmentation des professions [8] ? Quelles adaptations aux marchés sont identifiables ? Comment les modèles de spécialistes et de généralistes sont-ils interrogés ? Par ailleurs, des processus d’innovation semblent également à l’œuvre et invitent à mobiliser les sciences de l’éducation ou encore la sociologie de l’innovation.

Calendrier prévisionnel

- 2015 – Lancement de la session sur les formations, organisation d’une journée d’étude exploratoire en novembre 2015.
- 2016 – Organisation de deux journées d’étude (en avril et en octobre), publication d’un appel à communications.
- 2017 – Organisation d’une journée d’étude (en avril), organisation du colloque de clôture en octobre 2017.

Voir en ligne : Rencontre RAMAU 2015 - Séminaire exploratoire du programme scientifique sur les formations, 16 novembre 2015

Notes

[1] Parmi les ouvrages parus récemment, un certain nombre porte en particulier sur l’évolution de la structuration de l’enseignement. Pour le champ de l’architecture, voir par exemple Châtelet (A.-M.) (dir.), Storne (F.), Des Beaux-Arts à l’Université. Enseigner l’architecture à Strasbourg, coédition Recherches / École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg, 2013, mais aussi Lambert (G.), Thibault (E.), L’atelier et l’amphithéâtre, Editions Mardaga, Paris, 2012, et Oackman (J.), Architecture Schools : Three Centuries of Educating Architects in North America, MIT Press, Cambridge (E.-U.), 2012.

[2] Voir notamment la contribution de Rainier Hoddé sur la prise en compte de l’impératif participatif dans l’enseignement de l’architecture (Rencontres 2012) et de la 6ème session des Rencontres 2013 (animée par Anne Grenier de l’ADEME) « Apprentissage et formation à l’architecture et l’urbanisme durables » comprenant trois communications. Ce type de questionnement centré sur le développement durable pourrait tout aussi bien porter sur le numérique et les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Par ailleurs, la recherche « L’habitant et la fabrication énergétique des écoquartiers. Processus, conception, réception » menée sous la direction scientifique d’Isabelle Grudet dans le cadre du programme Ignis Mutat Res comprend un volet qui explore des situations de travail de projet réunissant des étudiants en architecture et des élèves ingénieurs autour de la conception de quartiers durables.

[3] Sous la direction de Tapie (G.), avec Courdurier (E.), Evette (T.), Haumont (B.), Contrat d’Etudes Prospectives. Les professions de la maîtrise d’oeuvre - Analyses stratégiques, Grain / Ministère de l’Emploi, Octobre 2000 - Janvier 2001. Ce contrat a rassemblé les membres fondateurs du RAMAU.

[4] Voir par exemple “Quels dispositifs de formation pour quels débouchés professionnels ?”, Rencontres « Architectes & Ingénieurs, doubles formations ? », École nationale supérieure d’architecture de Lyon, 21 et 22 juin 2010. En dehors des doubles cursus architectes – ingénieurs, on voit apparaître depuis quelques années de nouvelles formations croisant le champ de l’architecture et celui de l’urbanisme, de l’aménagement ou du paysage.

[5] Afin de bien construire la problématique posée par les rapports qu’entretiennent les lieux de formation avec les milieux professionnels, le RAMAU envisage de se rapprocher d’organismes directement concernés par les questions posées tels les organismes de formation continue ou les associations qui se préoccupent de l’insertion professionnelles des jeunes diplômés.

[6] Sur la notion d’appel à compétence voir les travaux de Viviane Claude, en particulier Faire la ville. Les métiers de l’urbanisme au XXe siècle, éd. Parenthèses, Paris, 2006.

[7] Coopérations parfois concurrentielles car le leadership sur les offres de formation fait aussi l’objet de négociations importantes.

[8] Bucher (R.), Strauss (A.), « Professions in Process », American Journal of Sociology, vol. 66, no 4,‎ janvier 1961, pp. 325-334.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0

Edition et créa par Teddy Payet pour les RAMAU sous SPIP 2.1.27 [22103]