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Adisson (F.)

Choisir ses occupants

Quand les grands propriétaires adoptent des collectifs pour la gestion transitoire des friches urbaines

Métropolitiques, 6 janvier 2017.

"Les occupations temporaires autorisées et planifiées de friches à des fins culturelles et récréatives fleurissent dans les villes françaises. Pourquoi de grands propriétaires encouragent-ils de telles occupations de leurs sites par des collectifs ? En apportant un éclairage sur ces pratiques « bienveillantes », l’article interroge également l’économie politique de la production urbaine."

"Le 24 novembre 2016 se tenait la conférence « Meet-up. Urbanisme temporaire » organisée par la mairie de Paris et l’association Plateau urbain au Pavillon de l’Arsenal, haut lieu de l’urbanisme dans la capitale [1]. Leur objectif était de promouvoir la gestion de bâtiments et de terrains par des collectifs spécialisés dans l’occupation de lieux désaffectés de façon transitoire. De fait, depuis le milieu des années 2000, les occupations temporaires autorisées et planifiées se sont multipliées : le 6b à Saint‑Denis, Yes We Camp à Marseille ou encore la Cartonnerie à Saint‑Étienne en sont quelques exemples fameux. Elles participent du mouvement de l’« urbanisme temporaire » (ou « urbanisme interstitiel » dans le contexte anglo-saxon ; Tonkiss 2013) et s’imposent désormais comme une pratique courante à la fois dans les sorties des étudiants et jeunes actifs des métropoles françaises et dans le répertoire des formes de gestion transitoire.

Cette pratique se distingue des squats artistiques, militants, ou « discrets » illégaux (Aguilera 2014). En négociant les conditions d’installation en amont, les collectivités territoriales et les propriétaires n’ont pas à gérer une situation de fait. La régularité devenant une donnée d’entrée, il ne s’agit plus de « gouverner les illégalismes » (Aguilera 2012) mais de tirer parti d’occupations temporaires légales. Cet article cherche à expliquer l’émergence de cette modalité de gestion transitoire des espaces vacants, en se plaçant du point de vue des propriétaires des sites occupés. Celle-ci présente en effet un apparent paradoxe : pourquoi de grands propriétaires fonciers et immobiliers – souvent publics – acceptent-ils, voire contribuent-ils, au développement de l’occupation de terrains qu’ils souhaitent généralement transformer et vendre ?"

Voir en ligne : l’article sur le site de la revue

Notes

[1] Cet article est tiré d’une présentation réalisée aux « Grands Voisins » le 5 novembre 2016 pour la revue Matière (URL : http://matiererevue.tumblr.com). La version initiale a bénéficié de la relecture d’Alexandre Blein, Antoine Guironnet, Ludovic Halbert et des évaluateurs de la revue Métropolitiques, que je remercie tous chaleureusement.

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