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31/03/15 - Appel à contribution - Les campagnes européennes dans la transition énergétique : entre coopérations localisées et captation des ressources.

mardi 31 mars 2015

L’appel à communication pour la revue Géocarrefour porte exclusivement sur les transitions énergétiques dans les campagnes européennes.

La question énergie-climat permet de souligner la contribution des campagnes à un enjeu global. Malgré une fragilité évidente des espaces ruraux sur ce sujet, des ressources spécifiques sont néanmoins activées, témoignant d’une capacité d’innovation multiforme au service de la société dans son ensemble. La transition énergétique relève d’un « concernement croissant », comme en témoignent les redéfinitions récentes des politiques énergétiques européennes et nationales (France, Allemagne, paquet climat-énergie de l’UE, en 2014) mais elle s’accomplit selon des rythmes et des temporalités différentes selon les territoires. Le contenu des politiques publiques, l’urgence inégalement ressentie, les résistances diverses, les coûts supposés, en rendent compte (Ludqvist et Biel, 2013). Les changements de paradigmes sur l’énergie doivent conduire à articuler qualité de vie, gestion efficiente des ressources, à anticiper les besoins, à relocaliser la production (Mor, 2011). Cette mutation ne peut ignorer certaines spécificités rurales. Or, les analyses sur l’émergence d’une société post-carbone ont principalement porté sur la contribution des espaces métropolitains ; les perspectives qui se dessinent à bonne distance des villes-centres et des premières ceintures périurbaines ont été, jusqu’à aujourd’hui, moins abordées (Petit et Villalba, 2011 ; Theys et Vidalenc, 2013 ; Philipps et Dickie, 2014). Le numéro thématique propose d’interroger les modalités de la transition énergétique dans des espaces situés aux marges des aires urbaines et au-delà.

Cette question interroge les relations villes-campagnes. Les mobilités quotidiennes (Milbourne et Kitchen, 2014), très individualisées, et les déplacements multi-polarisés, s’établissent de l’échelon local proche à celui de l’aire urbaine. La dynamique démographique récente, avec l’installation en maison individuelle de populations aux revenus modestes, plus fortement impactées par les coûts du chauffage et des déplacements (Coutard et al., 2002), s’accomplit dans un contexte de moindre densité du peuplement qu’en espace urbain central. Le caractère diffus d’un habitat ancien et énergivore, la relative dispersion des services, des équipements collectifs, répondent à l’organisation de territoires construits par et pour l’automobile (Huygue et al., 2013). Pour répondre à l’enjeu énergétique, des projets individuels, collectifs, ou de territoire, s’organisent, qu’ils relèvent de l’application territorialisée des politiques énergétiques (Theys et Vidalenc, 2011), du développement rural ou d’actions d’aménagement. Agir sur les mobilités, sur l’habitat et l’urbanisme dans les campagnes, par les modes de chauffage, l’isolation thermique et la densification des constructions, favoriser les énergies renouvelables, sont des moyens à disposition du niveau local pour limiter les émissions de gaz carbonique (PUCA, 2009 ; Garnaud-Joubert, 2010 ; Pierre, 2013 ; Tritz, 2012).

Bien que caractérisées par une certaine vulnérabilité énergétique, les campagnes relèvent de ressources spécifiques (Gumuchian et Pecqueur, 2007). Des expérimentations alternatives sont conduites à partir de productions agricoles de biomasse, de recyclage des déchets, d’éco-matériaux. Le potentiel boisé, forestier, bocager, les bâtiments agricoles, l’espace et le foncier disponibles, sont exploités dans un cadre, a priori, moins contraint. L’agriculture élargit ses missions vers des productions et des services énergétiques et environnementaux en exploitant des ressources individuelles ou collectives. La mobilisation de capitaux sociaux locaux s’accomplit grâce à des coopérations interindividuelles parfois informelles, ou dans le cadre de projets d’intercommunalités, de Pays, de GAL Leader, de parc naturel, de collectivités locales, en réponse, ou non, à des politiques publiques nationales ou européennes.

Les actions climat-énergie redessinent les contours de la multifonctionnalité agricole et rurale. La capacité à encourager la sobriété des consommations, à se réapproprier des savoir-faire locaux, à recueillir des financements, à instituer une gouvernance par codécisions publiques, définit l’autonomie locale singularisant certains territoires ruraux (Dobigny, 2012 ; Scheer, 2005). Toutefois, l’interdépendance villes-campagnes pour la production d’énergies renouvelables et les concurrences, à différentes échelles, sur l’usage de l’espace, du foncier, de la biomasse, mettent en tension les figures de la campagne (Perrier-Cornet, 2002). Des risques de captation des ressources au service de filières déterritorialisées sont à considérer. Entre filière longue, valorisation locale des ressources et projet territorialisé, qui sont les bénéficiaires des actions « climat-énergies renouvelables » dans les campagnes ? Et quelles garanties d’autonomie pour les territoires ruraux ?

Les propositions peuvent répondre aux questionnements suivants :

1) Ressources, projets et territoires : de l’autonomie locale aux filières déterritorialisées

2) Acteurs et gouvernance des projets innovants dans les campagnes européennes

3) Des coopérations à différentes échelles dans les territoires ruraux européens

Voir en ligne : L’appel sur le site de la revue.

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